1941
1941 : « Flygkamraterna » par Bovil [Bo Vilson, dit], dans Folket i Bild (Suède).

1941 : « Flygsoldat 113 Bom » par Torsten Bjarre, dans Flygpost (Suède).

1941 : « Willy på eventyr » par Harry Nielsen, dans Familie-Journalen (Danemark).

1941 : « Tom Poes » par Marten Toonder et Jan Gerhard Toonder, dans De Telegraaf (Pays-Bas).

1941 : « Tommy Tuller » par Fred Funcken et Guy Depière, dans Aventures illustrées (Belgique).

1941 : « Don Bosco, ami des jeunes » par Jijé [Joseph Gillain, dit], dans Le Journal de Spirou (Belgique).

1941 : « Jean Valhardi » par Jijé [Joseph Gillain, dit] et Jean Doisy, dans Le Journal de Spirou (Belgique).

1941 : « Le Professeur Globule contre le docteur Virus » par Érik [André René Jolly, dit], dans Gavroche (France).

1941 : « Oscar le petit canard » par Mat [Marcel Turlin, dit], dans Fillette (France).

1941 : « Sylvain et Sylvette » par Maurice Cuvillier, dans Cœurs vaillants-Âmes vaillantes édition rurale (France).

1941 : « Surcouf roi des corsaires » par René Giffey, dans Hurrah ! (France).

1941 : « Le Comte de Monte-Christo » par René Giffey – d’après Alexandre Dumas -, dans L’Aventureux (France).

1941 : « Christophe Colomb » par Raymond Poïvet, dans L’Aventureux (France).

1941 : « Gait, la cavalière du Texas » par Étienne Le Rallic, dans O Lo Lê (France).

1941 : « Anita Diminuta » par Jesús Monterde Blasco, dans Mis Chicas (Espagne).

1941 : « Il Dottor Faust » par Rino Albertarelli et Federico Pedrocchi, dans Topolino (Italie).

1941 : « Cucciolo e Beppe » par Rino Anzi, Giuseppe Caregaro et Federico Pedrocchi, dans Gli Albi di Scimmiottino (Italie).

1941 : « Capitan Sparviero » par Vittorio Cossio et Guido Fantoni, dans Intrepido (Italie).

1941 : « La Polvere del Pirimpimpin » par Sebastiano Craveri, dans Il Vittorioso (Italie).

1941 : « Carev štitonoša » par Sergej Solovjev, dans Mika Miš (Yougoslavie).


Magnifique iconographie, merci!
Et merci à vous de nous lire…
Bien cordialement
Gilles Ratier
On comprend que le petit monde de la BD d’alors avait su préserver sa dignité, et éviter au maximum du possible de sombrer dans la collaboration active (y compris Fleurus et Bayard); bravo à eux!… Car ce ne fut certainement pas le cas du monde des lettres ni du monde de la musique…
La presse Fleurus, d’après ce que j’ai pu lire, a été plutôt maréchaliste au moins jusqu’à fin 1941. Je ne crois pas qu’il reste le moindre doute là-dessus, du moins si l’on s’en tient au seul contenu de Coeurs Vaillants. (Encore faudrait-il ne pas se méprendre sur ce que pouvait signifier exactement être maréchaliste en 1941…)
Bonjour à tous !
Comme je l’ai déjà souvent précisé dans les articles appartenant à ce cycle sur « Les Grands Auteurs de la bande dessinée européenne », nous ne faisons pas ici une thèse sur l’histoire de la bande dessinée : c’est juste un résumé, en quelques lignes, qui essaie d’être clair et concis, sans parti pris. C’est aussi pour cela que, pour ceux qui veulent en savoir plus sur tel ou tel sujet plus précis, nous avons établi une bibliographie assez exhaustive qui suit l’introduction. Parmi ces livres de référence, il faut absolument lire « Haro sur le gangster ! La Presse enfantine entre acculturation et moralisation (1934-1954) » par Thierry Crépin (Thèse de doctorat d’Histoire, 1999 ; rééd. CNRS, 2001 sous le titre « Haro sur le gangster ! La Moralisation de la presse enfantine 1934-1954 »).
En voici un extrait : « L’arrivée au pouvoir d’un gouvernement à la culture autoritaire, traditionaliste et moraliste, qui portait une forte attention à la formation de l’enfant, laissait présager une profonde transformation de la presse illustrée juvénile en réaction aux bouleversements intervenus à la fin des années trente. Pourtant, le gouvernement de Vichy n’a pas uniformisé la presse enfantine, pas plus qu’il ne lui a insufflé une originalité propre et durable. Il n’a pas existé une presse enfantine de Vichy, mais des presses enfantines sous Vichy. »
L’érudit Thierry Crépin détaille ensuite les positions de chaque éditeur en place en France à cette époque-là et explique un peu mieux, sur plusieurs pages, les cas que vous évoquez : je ne peux que vous engager à les lire et à les étudier, car tout cela est très complexe ! Comme quoi, on ne peut en rien généraliser.
Sur Internet, on peut découvrir aussi sur ce sujet un autre très intéressant article (moins détaillé) de Thierry Crépin : http://www.persee.fr/doc/xxs_0294-1759_1990_num_28_1_2302.
Merci en tout cas de nous lire…
Bien cordialement
Gilles Ratier
Puisque vous nous invitez à réagir, je vais apporter ma petite pierre à l’édifice…
À mon avis, il manque deux ouvrages importants dans votre bibliographie :
-« Dictionnaire illustré de la bande dessinée belge pendant la Seconde Guerre mondiale » de Frans Lambeau, André Versaille, 2013
Pour moi, c’est un livre fondamental sur cette période.
– « Les presses enfantines chrétiennes au XXème siècle » sous la direction de Thierry Crépin et Françoise Hache-Bissette, Artois Presses Université, 2009
Ensuite, je trouve la formulation de votre second paragraphe un peu maladroite : en vous lisant, on pourrait être amené à penser que les dictatures communistes ont commencé dans ces pays en 1941 au lieu de 1944 et surtout 1945. Surtout, l’information concernant la Yougoslavie n’est vrai que pour la Serbie. En Croatie, Walter Neugebauer et le maître Andrija Maurovic recommencent à publier dans la revue Zabavnik dès 1943. Maurovic dessine alors Ahura Mazda, Braca Seljan, Grob u prašumi [la tombe dans la jungle], Knez Radoslav [le prince Radoslav], Tomislav, Novom svijetu [L’île au trésor]… Si la bande dessinée est bien interdite en Yougoslavie, entre 1945 et 1950, la rupture de Tito avec le stalinisme se traduit par une renaissance d’une rare ampleur et d’une rare floraison de styles après cette date. On se demande même comment un si petit pays a pu faire vivre autant de grands talents. Bien sûr, c’est aussi le cas en Belgique mais, comme marché, la francophonie est autrement plus importante que la serbo-croatophonie !
En Roumanie communiste, s’il n’y a peu ou pas eu de création locale, notre Vaillant était importé et très apprécié des jeunes lecteurs de ce pays.
Vous n’abordez pas la question des choix idéologiques ou moraux en dehors de la collaboration d’Hergé au Soir nazifié (c’est trop ou pas assez). Il est vrai que cet aspect a nourri une littérature proportionnellement trop importante par rapport à celle concernant l’histoire éditoriale et artistique. Pourtant, il ne serait pas inutile de rappeler que la compromission d’Hergé est resté modeste en regard de celle de Sirius (Max Mayeu qui signait alors Badour) qui était alors publié dans le périodique rexiste Le Pays réel magazine. Quant à son engagement, il demeure faible face à celui de Francis Josse (dont le héros Marc le téméraire est allé se battre sur le front russe au côté des Allemands), à celui d’Auguste Liquois (dans Zoubinette chez les maquisards, il donne une image répugnante de la Résistance), à celui de Vica dans ses 3 pamphlets anti-alliés et antisémites et à celui du collaborationniste André Daix. Sans parler de la collaboration économique de Jean Meuwissen, l’éditeur de Bravo !, et de la collaboration de plume de Jacques Van Melkebeke, auteur notamment d’un article déshonorant sur un procès de résistants. En face de cela, il y eu de grands résistants comme Marijac (comme vous le mentionnez) et Jean Doisy, organisateur d’une fillière destinée à sauver des Juifs.
Votre « exposition virtuelle » est, en effet, remarquable. Elle permet de découvrir des pans entiers de la bande dessinée totalement et injustement inconnus chez nous. Néanmoins, pour moi, il y manque deux bandes très importantes (en plus des meilleures créations de Maurovic et de Neugebauer pour Zabavnik) :
-Les aventures de Bimelabom et de sa petite sœur Chibiche de Jacques Laudy, une bande merveilleuse dans tous les sens du terme, d’une rare invention et graphiquement superbe
-Caramel et Romulus de Sirius, également très inventif, féérique sans être niais
La richesse de votre iconographie donne envie de la revoir en plus grand format et sur papier glacé. Ce serait bien que cette anthologie historique de la bande dessinée européenne done naissance à un beaux livre.
Bonjour et merci Joaquim pour votre longue et pertinente intervention.
Je vais vous répondre directement sur votre mail privé dès que j’aurais un peu de temps devant moi (ce qui n’est pas du tout le cas en ce moment), mais pour résumer, je vais d’abord reprendre ce que j’ai déjà dit et répété au fur et à mesure des articles appartenant à ce cycle sur « Les Grands Auteurs de la bande dessinée européenne », et pas plus tard qu’en réponse à un message situé ci-dessus : “Nous ne faisons pas ici une thèse sur l’histoire de la bande dessinée : c’est juste un résumé, en quelques lignes, qui essaie d’être clair et concis, sans parti pris. C’est aussi pour cela que, pour ceux qui veulent en savoir plus sur tel ou tel sujet plus précis, nous avons établi une bibliographie assez exhaustive qui suit l’introduction.”
Donc, merci d’avoir signalé les oublis involontaires des ouvrages « Dictionnaire illustré de la bande dessinée belge pendant la Seconde Guerre mondiale » de Frans Lambeau, André Versaille, 2013 et « Les Presses enfantines chrétiennes au XXème siècle » sous la direction de Thierry Crépin et Françoise Hache-Bissette, Artois Presses Université, 2009 ; oublis d’autant moins justifiables que je me suis beaucoup servi du premier livre pour écrire ce résumé historique. Je vais les rajouter dans l’article dès que je verrais un peu le jour (la période est très compliquée pour moi en ce moment).
Dès que j’aurai le temps aussi, je reformulerai mon second paragraphe en tenant compte de vos informations, mais sans rentrer dans les détails que, de toute façon, vous avez parfaitement décrits dans votre intervention.
Sur la question des choix idéologiques ou moraux, il me semblait, a contrario, qu’il était clair que l’exemple d’Hergé, n’était justement cité qu’en exemple et qu’il y en avait en effet bien d’autres. Merci de les avoir mentionné aussi dans votre intervention, mais je ne les rajouterais pas dans le corps de l’article.
Au niveau des bandes manquantes, merci de me signaler en mail privé (quand je vous aurais répondu) quelles sont les meilleures créations de Maurovic et de Neugebauer pour Zabavnik (et comment en avoir des images à montrer). Dès que j’aurai le temps, là-aussi, je rajouterais “Les Aventures de Bimelabom et de sa petite sœur Chibiche” de Jacques Laudy. Quant à “Caramel et Romulus” de Sirius, j’en avais fait l’impasse, car il s’agit de la refonte de la série « Bouldaldar et Colégram », dans Le Patriote illustré, créée en 1938 et donc mentionnée dans le chapitre précédent : http://bdzoom.com/117220/patrimoine/les-grands-auteurs-de-la-bande-dessinee-europeenne-quatrieme-chapitre-americanisation-a-volonte-et-deuxieme-salve-de-periodiques-pour-enfants%e2%80%a6/. Mais vous avez peut-être raison, rajouter cette refonte est peut-être nécessaire ici ?
En tout cas, encore mille mercis et à très bientôt pour un nouvel échange constructif dès que j’y vois un peu plus clair….
Bien cordialement et respectueusement
Gilles Ratier
Si l’on reproche à Hergé d’avoir collaboré au Soir volé (m’enfin, à la fin, c’étaient de minuscules petites cases), il est juste de rappeler que son collègue Vandersteen a également publié des dessins d’humour pas droles du tout, complaisant avec les nazis. Moins grâve, on trouve dans les Spirou de Jijé (et même du gentil Franquin, alors très jeune) quelques représentations assez caricaturales des Juifs.
Pour Sirius, j’ignorais qu’il avait un pseudo à cette époque, merci pour l’info.
C’est bien français de se concentrer sur ce qui se passait en Belgique – et qui est très bien documenté. Ca permet de ne pas parler de la France! M. Ratier ne veut pas qu’on s’étende trop sur cette période, pourtant, n’est-elle pas fondamentale dans le sens où
-elle révèle la nature profonde des protagonistes
-elle est fondatrice de la presse et de l’édition BD d’après-guerre jusqu’à nos jours. Il est extrêmement révélateur que dans le petit livre paru chez Gallimard “La vie culturelle dans la France occupée” (dont je recommande cependant la lecture) il n’est nulle part question de la BD! Je crois qu’un livre sur cette période la BD européenne (et surtout française) serait plus que nécessaire. Dans le domaine de la musique savante, par exemple, de nombreux livres ont vu le jour ces dernières années sur le sujet (avec d’autant plus de mérite que l’attitude de nos musiciens et artistes fut beaucoup plus répréhensible que celle du petit monde de la BD). A quant un livre sur ce sujet épineux mais passionnant?
Je n’ai jamais dit, ni écrit, que je ne voulais pas que l’on s’étende sur cette période mon cher Patydoc. Je dis que ce n’est pas le lieu ! C’est différent ! Et, en effet, un livre bien documenté sur ce sujet épineux et passionnant serait vraiment nécessaire, mais ce n’est pas le cadre de cette série d’articles chronologiques sur « Les Grands Auteurs de la bande dessinée européenne ». Est-ce plus clair ?
Bien cordialement et respectueusement !
Gilles Ratier
Bonjour toutes et tous !
Juste un petit mot pour vous signaler que, grâce à l’érudition de notre fidèle internaute Joaquim Duplomb, j’ai pu reformuler, de façon plus adroite et plus exacte sur le plan historique, les passages sur les régimes politiques nationaux et les choix idéologiques ou moraux pendant cette période complexe qu’est la Seconde Guerre mondiale. Ceci tout en continuant d’affirmer une volonté de rester synthétique : un choix délibéré qui est l’apanage de la série d’articles « Les Grands Auteurs de la bande dessinée européenne » sur BDzoom.com.
Toujours grâce à Joaquim (qu’il soit encore ici vivement remercié de façon officielle), j’ai pu aussi rajouter les principales bandes croates de Walter Neugebauer et d’Andrija Maurović publiées à l’époque : voilà donc une occasion rêvée de relire cet article en constante évolution et de découvrir de nouveaux visuels !
Bien cordialement
Gilles Ratier