En 1949, à quelques mois d’intervalle (avril pour les premières et octobre pour les secondes), les éditions Vaillant et du Siècle — qui deviendront Impéria – lancent, en France, les deux premiers petits formats : 34 — qui deviendra 34 Caméra, puis Caméra — et Super Boy. Cette entité spécifique ne se limite pas à des dimensions physiques – généralement 13 x 18 cm —, puisqu’elle prend la relève des récits complets a strisce, s’adressant en priorité, comme ces derniers, à un public peu aisé, et publiant, principalement, des adaptations de séries italiennes, anglaises, américaines ou espagnoles, achetées à bas prix.
La même année, alors qu’en France certains auteurs et éditeurs lancent quelques héroïnes sexy, à l’instar de celles qui sont produites aux USA depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, la protectionniste loi n° 49-956 du 16 juillet 1949, sur les publications destinées aux enfants, vise à réguler la diffusion de la presse et des livres ciblant ce jeune public.
Proposée à l’origine par le groupe communiste et, finalement, votée majoritairement par les conservateurs et les catholiques, cette loi a pour but de favoriser la production nationale d’illustrés (comme on appelait alors les revues BD) face aux importations de bandes dessinées américaines perçues comme massives et soupçonnées de favoriser la délinquance juvénile par des représentations jugées violentes. En résulte la composition d’un dispositif redoutable, dont une Commission de surveillance et de contrôle qui conduira les éditeurs à l’autocensure et au sabordage de certains titres (dont le périodique Fantax), mais aussi à une véritable désaméricanisation du medium : ceci expliquant, en partie, la forte implantation de la bande dessinée belge de l’époque (surtout de celle contenue dans les revues Spirou et Tintin), laquelle réussi l’exploit de prendre les enfants au sérieux tout en les divertissant et les éduquant.
Vous trouverez, dans les pages suivantes, une galerie d’images chronologiques présentant les principales séries publiées pendant cette période, suivie d’une abondante bibliographie.
N’hésitez pas, non plus, à consulter régulièrement les autres parties de cet important dossier en constante évolution (les articles ayant subi plusieurs modifications depuis leurs mises en ligne) : Chapitre zéro. Avant Töpffer…, Premier chapitre, Deuxième chapitre, Troisième chapitre, Américanisation à volonté et deuxième salve de périodiques pour enfants… : 1934-1938, Pendant la Seconde Guerre mondiale : 1939-1945.
En effet, cette série d’articles a pour but de proposer une chronologie illustrée de la bande dessinée européenne, complétée par une bibliographie — tendant à l’exhaustivité — sur la période et les auteurs concernés : un recensement destiné à tous ceux qui veulent en savoir plus sur l’histoire du 9e art européen.
Toutefois, malgré tout le soin que nous avons pu apporter à ce travail minutieux, nous avons peut-être omis tels ou tels ouvrages, œuvres et créateurs qui ont marqué leur époque : merci d’avance de nous signaler tout ce qui vous semble être un oubli ou une erreur de notre part.



je le lirai plus tard, mais quelle émotion que cette belle iconographie.
Snif !
;o)
Formidable compilation, merci Gilles!
Ceci dit au niveau des revues BD, il semblerait qu’aucun article n’ait été rédigé sur Caméra 34 (groupe Vaillant), ni sur Risque-Tout (Dupuis), ni sur Record (où Charlier et Goscinny ont beaucoup fait travailler des auteurs connus).
On en parle (in)directement, dans Hop! par exemple, lors de dossiers sur les auteurs Vaillant, puisque pour les premiers, ils y ont participé.
Richard Médioni, dans L’histoire complète 1901-1994, en parle au chapitre 15.
Oui, il y a en effet des des ouvrages ou des revues qui traitent ces sujets indirectement, comme Mariano le signale, mais, à ma connaissance, aucun article spécifique – imprimé, évidemment, puisqu’il s’agit d’une bibliographie et non d’une sito(ou interneto)graphie – n’a été consacré aux revues que cite Henri Khanan.
Évidement, si vous avez d’autres infos sur ces sujets, merci de me les signaler pour qu’on puisse les inclure dans cette base de données.
Bien cordialement et respectueusement
Gilles
Et puisque vous citez le dernier BDM, où en est on pour le prochain?
La prochaine édition est prévue en 2020
Un article d’intérêt public, merci!